Il a fait revivre un zoning industriel à Thuin

Ses camions livrent la nourriture de la Commission européenne et des hôpitaux. Jean Fadel, 50 ans, se définit comme un Carolo de Thuin. Amoureux de la province du Hainaut, il y a grandi et étudié. Et il y vit toujours.


Source : Sud Presse, 29 février 2012

Il a fait revivre un zoning quasi abandonné

 

Après des études à la FUCaM, en sciences économiques, il travaille pendant quinze ans pour une multinationale du pétrole. “ Et puis, j’ai voulu me lancer en tant qu’indépendant, dans ma région. J’ai tout claqué pour me lancer dans l’aventure ”, témoigne-t-il.


A 40 ans, il crée donc son entreprise, Full-Services: “ On gère le transport pétrolier sur le marché très spécifique des entreprises du bâtiment et des travaux publics. Depuis 2001, l’entreprise est en progression constante. Je crois que cela vient de notre offre. ”


Plus que de la simple livraison, l’entreprise propose un service complet, avec des conseils et une expertise spécialisée: “ Si un entrepreneur veut installer des cuves à carburant, on lui explique les procédures, on le guide. Nous fournissons par exemple le groupe Wanty: pour eux, on s’est adapté en livrant le carburant à heures précises sur les chantiers (pour éviter les vols), tout en étant prêt à intervenir en cas d’urgence. ”


Pourtant, Full-Services n’emploie que cinq personnes. C’est que l’entreprise ne gère plus que l’administratif et sous-traite le transport à une autre entreprise de Jean Fadel: “ Il s’agit de Euro Trafic Thuin, créée en 2004 avec un associé, dont j’ai repris les parts en décembre 2011. C’est une boîte indépendante, que je gère maintenant seul. Le transport routier pour Full-Services y représente 20 % de l’activité. ”


On met le prix pour des chauffeurs “ pro ”


La majorité de l’activité de cette seconde entreprise vient en effet de sa division transports frigorifiques: “ Nous sommes le sous-traitant principal de Deli XL, le leader européen en matière de livraison “ food-services ”. Ils livrent ainsi les aliments pour la Commission européenne, les hôpitaux, les grosses entreprises... 600 personnes travaillent pour eux à Thuin. ” Et pour livrer tout ça, il faut une quarantaine de camions et une cinquantaine de chauffeurs à Euro Trafic Thuin. “ C’est un transport très spécialisé, puisqu’il faut des camions frigorifiques qui gèrent tout, du frais au surgelé. On roule parfois avec des convois à -30°. Autrement dit, il faut des pros, compétents, que l’on forme et pour qui on est prêt à mettre le prix! ”


Il veut voir revivre le Hainaut


Toute cette activité, c’est dans sa région, à Thuin, que Jean Fadel l’a amenée. “ Quand Deli XL a voulu s’installer en Belgique, j’ai remué les choses pour leur adapter un zoning à Thuin, en partenariat avec Paul Furlan, bourgmestre de la localité. C’est là que l’on est installé actuellement. Il n’y avait quasi plus rien eu dans ce zoning pendant trente ans. Il fait maintenant partie du paysage économique de la région ”, explique Jean Fadel. Une fierté pour ce passionné du Hainaut, qui rêve de le voir revivre.


À la recherche de cinq chauffeurs


Euro Trafic Thuin est à la recherche de nouveaux chauffeurs poids lourds pour compléter son équipe. “ Pour être exact, nous sommes toujours en recherche! La gestion de nos horaires est un casse-tête pour la gestion des ressources humaines. Pourtant, nous offrons plein d’avantages: salaires, formation... ” Il ne reste donc aux intéressés qu’à pousser la porte de l’entreprise.


Investir en Hainaut, le job de gladiateur


Après plus de dix ans passés à faire fonctionner sa société dans le Hainaut, Jean Fadel jette un regard critique sur la province. “ Cette région, j’y ai vécu et bourlingué. Le potentiel est là. Mais malheureusement, trop souvent, les gens baissent les bras. Il y a des entrepreneurs prêts à se bouger, mais on les décourage trop. ”


Pour Jean Fadel, il faudrait simplifier ce qu’il appelle le jeu de l’oie administratif: “ Entre le moment où l’on a l’idée d’entreprendre et le moment où on obtient tous les permis pour la mettre en œuvre, des mois sont passés et les caisses se sont vidées. Investir chez nous, c’est comme un jeu de l’oie où, quand on arrive en avant dernière case, il faut retourner en arrière. Ceux qui tiennent parmi mes collaborateurs, ce sont des gladiateurs: ils se battent.

Avec des gens comme ça, je le sais, la province pourrait se redresser.